218_ANTI_NUKE

JAPON

281_Anti Nuke, le combat d'un street artiste

    281_Anti nuke est l'un des artistes urbains contemporain les plus connus du Japon, sinon le plus célèbre. Il s'est spécialisé dans la lutte contre l'énergie nucléaire depuis la catastrophe de Fukushima. Basé sur une technique de pochoir, son style rappelle celui d'un certain street artist anglais bien connu : Banksy.


Malgré sa popularité croissante à Tokyo et en Europe, il tient à rester anonyme par peur des représailles de la police et des groupes d'extrême-droite. Le Street-Art reste une pratique très marginale dans la capitale japonaise et n'est pas apprécié par les autorités conservatrices.


L'artiste utilise régulièrement la figure de l'ancien président japonais, Shinzō Abe, dont la ligne politique était très à droite.

L'homme est très prudent. Il n'a pas le choix : son travail lui vaut régulièrement des menaces de mort.

Emmitouflé dans une parka noire, fermeture éclair jusqu'au cou, il semble prêt à décoller à tout moment. Ses longs cheveux lui permettent de mieux cacher son visage.

"Je reçois des menaces sur mon site web ou sur ma page Twitter, du genre : "Meurs !". Ou 'Nous aurons ta peau'. Je ne peux autoriser personne à me prendre en photo, et je ne donne mon nom à aucun journaliste. "

Le " Banksy japonais " se dit " terrifié " par un gouvernement qui, selon lui, continue à se droitiser. En témoigne l'adoption de la loi sur le secret d'État, qui a donné au Premier ministre Shinzo Abe des pouvoirs étendus pour dissimuler des informations au public et qui, dans le même temps, contribue à museler les médias.

"Je ne comprends pas comment Abe est si populaire. Il cherche à ressusciter le Japon tel qu'il était en 1940. "

C’est surtout la folie furieuse et l'agressivité des uyoku que l'artiste craint. Les uyoku sont des groupes ultranationalistes qui défilent dans Tokyo dans des camionnettes noires aux portes estampillées de slogans nationalistes. Sur le toit, des haut-parleurs diffusent des hymnes militaires.

L’artiste seule connaissait la définition exacte qu’il donne au nombre 281. Pour lui son art ne correspond pas à un engagement politique. Ce sont les événements du 11 mars 2011, la catastrophe de Fukushima, qui ont donné un nouveau tournant à sa vie.

Sa confiance a commencé à vaciller lors d'une conversation avec un ami qui travaillait pour une agence de presse étrangère à Tokyo : "Il m'a expliqué que la réalité était très différente de ce qu'on nous racontait à la télévision. Son entreprise a ordonné à ses employés de se calfeutrer chez eux et de prendre des précautions - alors que tout le reste du Japon retournait travailler comme si de rien n’était. Le gouvernement ne nous a informés de rien. Un mois plus tard, les gens avaient déjà oublié Fukushima. Ils ont arrêté de porter des masques de protection et de faire attention à l’eau et aux produits qu’ils consommaient. J’ai senti monter la frustration et la colère face à tous ces gens qui refusaient de réfléchir à la crise qui nous menaçait. »


Or du Japon, il est possible de voir le travail de 281_Anti_Nuke dans les rues de Los Angeles et de Londres, ainsi qu’à Paris, à la 193 Gallery.

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