Nulla è puro rassemble quelque dix années de recherche du photographe vénitien Lorenzo Vitturi (1980) en un précipité des trois grands projets de cet artiste alchimiste : Dalston Anatomy, Money Must Be Made et son tout récent Caminantes.
De l’un à l’autre, il est question de circulation : des cultures, des corps, des formes et de leur hybridation féconde. Embrassant selon son expression une sorte de "libertinage plastique", Lorenzo Vitturi manie un langage de pigments, de textures et de formes sculpturales maintenues en un fragile équilibre.
À Dalston, quartier multiculturel de l’East End de Londres (sa ville de résidence), il s’intéresse au marché local. Il y réalise des portraits, collecte des marchandises délaissées en fin de marché, des paroles de clients et de marchands, puis assemble cette matière hétérogène dans l’espace de son studio. Se rencontrent alors l’exubérance propre au territoire et les fantaisies personnelles de l’artiste. Ses natures mortes deviennent le lieu où composer les images d’un monde globalisé, aux prises avec les effets de la gentrification et autres mutations. Un peu plus tard, il répètera ce processus à Lagos au Nigeria, traduisant sur place puis dans son studio londonien les mécanismes d’assimilation et de résistance à l’œuvre au sein du marché de Balogun, ville dans la ville-monde.


