Shinji Nagabe: Devorações do Amanhã – Brasil em Rebento - Brazilian Pavilion at the Gwangju Biennale, South Korea
Shinji Nagabe a été sélectionné parmi les artistes participant au premier Pavillon brésilien de la Biennale de Gwangju. Ce pavillon inaugural réunira 35 artistes issus de différentes générations et de différentes régions du Brésil. Prenant l’anthropophagie brésilienne comme point de départ, l’exposition porte un regard sur les transformations contemporaines et l’imaginaire de futurs possibles.
Pour le Pavillon brésilien de la 16e Biennale de Gwangju, Shinji Nagabe a créé Arroz, feijão... o resto é Mistura spécialement pour l’occasion, prenant une expression populaire comme point de départ d’une réflexion sur l’identité et le sentiment d’appartenance. Dans différentes régions du Brésil, le terme « mistura » désigne ce qui varie dans l’assiette et accompagne la base quotidienne constituée de riz et de haricots, comme la viande, les œufs ou les légumes. Nagabe transforme cette organisation du repas en une représentation de la formation culturelle brésilienne, envisagée comme le résultat d’une coexistence entre des expériences diverses. Cette question traverse également son propre parcours en tant qu’artiste brésilien d’ascendance japonaise, façonné par son enfance dans l’État du Paraná, son expérience de vie et de travail au Japon, puis son installation en Europe.
L’installation se compose d’une composition textile de quatre mètres, cousue à la main et soutenue par deux sacs : l’un rempli de riz, l’autre de haricots. Le poids des aliments maintient le tissu tendu et suspendu, transformant la métaphore du titre en une réalité physique. Ce qui constitue habituellement la base de l’assiette devient également le socle structurel de l’œuvre. La couture réalisée à la main prolonge les recherches de Nagabe sur les superpositions de tissus et sur l’oshie, une technique japonaise permettant de créer des images en relief, tandis que la répétition des points de couture évoque le souvenir du travail répétitif qu’il a effectué dans une usine au Japon. En réunissant ces différentes références, l’œuvre envisage l’appartenance comme une construction continue : une composition soutenue par des éléments du quotidien, des expériences migratoires et des héritages culturels qui ne s’annulent pas les uns les autres, mais demeurent visibles dans leurs différences.


