BEYA GILLE GACHA

CAMEROUN

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Oeuvres de Beya Gille Gacha

(English version below French version)

Beya Gille Gacha est une artiste pluridisciplinaire née en 1990 à Paris, d’une mère camerounaise et d’un père français.

Elle entre en 2011 à l’Ecole du Louvre, cependant Beya Gille Gacha est une artiste autodidacte qui conçoit sa pratique artistique comme un engagement dans une perspective intersectionnelle ; ainsi elle crée deux collectifs dont DES GOSSES, en 2016, avec les artistes Rakajoo et Neals Niat, qui questionne le manque de représentation des jeunes artistes afro-français à parcours singuliers.

En 2017, elle rejoint la Coalition des Artistes pour l’Histoire Générale de l’Afrique à l’UNESCO. En 2018, elle expose à deux reprises sous la curation de Simon Njami : à la Galleria Nazionale de Rome pour l’exposition Io e un Altro, puis lors de la Kampala Biennale #3 au sein du studio de Pascale Martine Tayou. En mai 2019, elle participe au Salon Révélations au Grand Palais aux côtés notamment de l’artiste Barthelemy Toguo.

Beya Gille Gacha entretient un rapport particulier et émotionnel avec le corps de ses œuvres. Ses sculptures sont de véritables doubles qu’elle réalise sur modèle vivant. L’artiste prend ainsi la responsabilité de les inclure dans une narration portant sur l’exorcisme de traumatismes passés voir épigénétiques. Avec la série des “Orants” et “Coupe les bras, coupe l’histoire, coupe le pouvoir”, Beya se ré-approprie une iconographie ancienne ainsi qu’un savoir-faire traditionnel issu de la culture Bamiléké. L’artiste conjure les traumatismes infantiles en partant du mal-être généré par des attentes irrationnelles venu de certains modes d'éducation.

“ Si on interdit aux petits garçons de pleurer et aux petites filles d’être en colère, quel type d’adulte sommes-nous en train de créer ? ”

De plus, Beya questionne les liens entre le passé et le présent à travers des codes liés aux postures ou aux attributs de ses pièces. Mais l'outil principal de cette recherche s’incarne dans la reprise de l’art du perlage. En procédant de la sorte, elle revient sur l’histoire de la perle de rocaille. En donnant la valeur de l’or aux objets qui en sont recouverts, la perle était une monnaie d’échange dans la traite des Hommes d’Afrique de l’Ouest. Beya Gille Gacha fait ainsi basculer la dévalorisation de l’humain en recouvrant ses doubles de cette même perle à l’histoire glaçante. Elle questionne la place de l’individu face à l’objet et revient à l’essence même de ce qui devrait compter : l’être vivant et l’avenir. Les œuvres de Beya brisent ainsi les plafonds de verre allant de la rébellion douce aux références les plus marquantes de l’histoire du continent.


Beya Gille Gacha is a multidisciplinary artist born in 1990 in Paris, of a Cameroonian mother and a French father. She entered the Ecole du Louvre in 2011, however, Beya Gille Gacha is a self-taught artist who conceives her artistic practice as an engagement in an intersectional perspective; thus she creates two collectives including DES GOSSES, in 2016, with artists Rakajoo and Neals Niat, which questions the lack of representation of young Afro-French artists with singular backgrounds.

In 2017, she joined the Coalition of Artists for the General History of Africa at UNESCO. In 2018, she exhibited twice under the curation of Simon Njami: at the Galleria Nazionale in Rome for the exhibition Io e un Altro, and then at the Kampala Biennale #3 within the studio of Pascale Martine Tayou. In May 2019, she will participate in the Salon Révélations at the Grand Palais alongside artist Barthelemy Toguo.

Beya Gille Gacha maintains a particular and emotional relationship with the body of her works. Her sculptures are real doubles that she creates on a living model. The artist thus takes the responsibility of including them in a narrative about the exorcism of past traumas, even epigenetic. With the series of "Orants" and "Coupe les bras, coupe l'histoire, coupe le pouvoir", Beya re-appropriates an ancient iconography as well as a traditional know-how from the Bamiléké culture. The artist conjures up childhood traumas by starting from the malaise generated by irrational expectations from certain modes of education.

"If we forbid little boys to cry and little girls to be angry, what kind of adult are we creating? "

In addition, Beya questions the links between the past and the present through codes related to the postures or attributes of her pieces. But the main tool of this research is embodied in the revival of the art of beading. In doing so, she returns to the history of the seed bead. By giving the value of gold to the objects covered with it, the pearl was a currency of exchange in the West African trade. Beya Gille Gacha thus turns the devaluation of the human being on its head by covering her doubles with this same pearl with a chilling history. She questions the place of the individual in front of the object and returns to the essence of what should count: the living being and the future. Beya's works break through glass ceilings ranging from gentle rebellion to the most prominent references in the continent's history.