View of the exhibition Mémoire Matérielle curated by Azu Nwagbogu and Nkhensani Mkhari at 193 Gallery, Paris
Carla Gueye France, b. 1997
68 1/2 x 16 1/2 x 14 5/8 in
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In Carla Gueye’s work, the body and its memory do not exist in isolation. The vegetal world, matter, and architecture become structures capable of containing and protecting. Bodily forms rise up bearing the traces of what has shaped them. The motif of protrusion, which recurs throughout her visual vocabulary, belongs to this same logic: it emerges from the surface like an imprint, a growth, or the visible manifestation of a buried history.
In De rouille et d’os (Of Rust and Bone), this memory manifests itself through a fragmented body. A female silhouette takes shape around a metal framework, from which a foot and hands emerge. The body remains deliberately incomplete, as though it had to reconstruct itself from recovered fragments. Rust and bone both evoke a temporality marked by alteration and the persistence of remains. To recover what was never passed down, one must dig, unearth, and gather what remains.
Carla Gueye creates her sculptures using lime, drawing on expertise passed down from her father. Traditionally used to coat and protect the walls of houses in the Charente region, where she grew up, lime evokes the home and the body in equal measure. The sculptures are then covered with a dark, earth-toned patina, creating a skin across their surfaces that retains the traces of the artist’s hand. Matter itself thus becomes a vehicle for memory.
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Chez Carla Gueye, le corps et sa mémoire ne sont pas isolés. Le végétal, la matière et l’architecture deviennent autant de structures capables de contenir et de protéger. Ainsi, les formes corporelles s’érigent en portant les traces de ce qui les a façonnées. Le motif de la proéminence, récurrent dans son vocabulaire, participe de cette logique : il fait saillie à la surface comme une empreinte, une croissance ou la manifestation visible d’une histoire enfouie.
Dans De rouille et d’os, cette mémoire se manifeste à travers un corps fragmentaire. Une silhouette féminine se constitue autour d’une ossature métallique, dont émergent un pied et des mains. Le corps demeure volontairement incomplet, comme s’il devait se reconstruire à partir de fragments retrouvés. La rouille et l’os renvoient tous deux à une temporalité de l’altération et du vestige. Pour retrouver ce qui n’a pas été transmis, il faut fouiller, exhumer et rassembler ce qui subsiste.
Carla Gueye travaille ses sculptures à la chaux, selon un savoir-faire hérité de son père. Traditionnellement employée pour enduire et protéger les murs des maisons charentaises, dans la région où elle a grandi, la chaux évoque autant l’habitat que le corps. Les sculptures sont ensuite recouvertes d’une patine aux tonalités sombres et terreuses, qui forme à leur surface une peau conservant les traces du geste. La matière devient ainsi elle-même un vecteur de mémoire.

