Andile Dyalvane est l’un des plus grands céramistes du continent africain. Guidé par un lien spirituel profond avec ses ancêtres xhosas, il crée des œuvres céramiques monumentales et complexes qui deviennent des réceptacles métaphoriques à travers lesquels il cherche à honorer ses traditions culturelles et à partager son parcours de guérison.
Né en 1978 dans le petit village de Ngobozana, près de Qobo-Qobo, dans la province rurale du Cap-Oriental en Afrique du Sud, Dyalvane grandit en cultivant la terre et en gardant le troupeau de bovins de son père. Cette expérience forge un lien profond avec la terre et la culture xhosa, qui résonne puissamment dans son œuvre aujourd’hui. Son matériau de prédilection, l’argile – ou umhlaba (« terre mère ») – incarne, dans son essence même, une connexion vitale au sol. En tant que support de récits, elle constitue également un lien énergétique fondamental entre son passé, son présent et son avenir.
Dyalvane obtient un diplôme national en art et design au Sivuyile Technical College de Gugulethu, au Cap, avant de décrocher en 2003 un diplôme national en design céramique à la Nelson Mandela Metropolitan University. En 2005, il cofonde avec Zizipho Poswa le studio Imiso Ceramics, dont les arts de la table et les récipients façonnés à la main acquièrent rapidement une renommée internationale. À travers ses créations fonctionnelles pour Imiso, il développe un langage visuel fondé sur des incisions inspirées des traditions africaines de scarification corporelle, un vocabulaire qui continue de nourrir son travail artistique.
iNgqweji (Bird’s Nest), son plus récent et plus abouti corpus d’œuvres, marque une extension de sa pratique vers l’installation sculpturale. Ce projet s’appuie sur son désir de créer des espaces collectifs investis d’une dimension spirituelle, destinés à éveiller les sens, à réhabiliter les savoirs autochtones et à restaurer le lien symbiotique entre l’être humain et le monde naturel. Conçue comme une série d’environnements immersifs inspirés du désert, des forêts et des grottes, iNgqweji foisonne de formes biomorphiques, de couleurs éclatantes et de matériaux tactiles tels que le verre soufflé à main levée et le cuivre forgé à la main. Plusieurs œuvres intègrent également des éléments lumineux et sonores.
Les œuvres de Dyalvane figurent dans les collections du Los Angeles County Museum of Art, du Metropolitan Museum of Art, du Denver Art Museum, du New Orleans Museum of Art, du Pérez Art Museum Miami, du Design Museum Gent, du Vitra Design Museum, du New Taipei City Yingge Ceramic Museum, de l’Iziko South African National Gallery ainsi que du NMMU Art Museum de Port Elizabeth. L’artiste a exposé dans des musées du monde entier, notamment au National Art Museum of China, au Seoul Museum of Craft Art, au Vitra Design Museum et à l’Iziko South African National Gallery. Il a également participé à de nombreuses biennales, parmi lesquelles la première Indian Ocean Triennial à Perth, la Biennale du Yingge Ceramic Museum de New Taipei City, la Tel Aviv Biennale of Crafts and Design et la Jinju Traditional Crafts Biennale.
Parmi les ouvrages qui présentent son travail figurent Clay Formes, dirigé par Olivia Barrell (Art Formes, 2023), Africanfuturism: African Imaginings of Other Times, Spaces, and Worlds de Kimberly Cleveland (Ohio University Press, 2024) et Ubunzululwazi Lwabaphantsi (Ancestral Wisdom) (Almas Art Foundation, 2024).
Membre de l’Académie internationale de la céramique (International Academy of Ceramics), Andile Dyalvane est régulièrement invité à transmettre son savoir lors de masterclasses et d’ateliers à travers le monde. Il a également bénéficié de résidences dans des institutions prestigieuses, notamment à Leach Pottery au Royaume-Uni et à l’Academy of Ceramics Gmunden en Autriche. Son parcours a été récompensé par de nombreuses distinctions, parmi lesquelles le Design Foundation Icon Award en 2015 et une mention spéciale en tant que finaliste du LOEWE Foundation Craft Prize en 2022.


