Méditerranée: Ben Arpéa, Aldo Chaparro, Yoann Estevenin, Rob Tucker, Christa David, Joana Choumali, Thandiwe Muriu, Hassan Hajjaj, Roxane Mbanga, Shourouk Rhaiem
Depuis toujours, la mer Méditerranée traverse la littérature comme un paysage intérieur autant qu’un horizon réel. De Colette à Antoine de Saint-Exupéry, en passant par Françoise Sagan, la mer apparaît comme un territoire de lumière, de lenteur et de contemplation : une géographie sensible faite de traversées, de ports silencieux, de chaleurs d’été et de souvenirs de voyage. Mais la Méditerranée convoque aussi l’idée d’un ailleurs — réel ou imaginaire — ouvrant vers d’autres rivages, d’autres climats, d’autres récits baignés par la même lumière et le même désir d’horizon.
Réunie à l’occasion de la Saison Méditerranée, cette expositIon rassemble des artistes dont les œuvres semblent partager certaines sensations communes : le bleu, la chaleur, les rivages, les circulations maritimes, les horizons ouverts, mais aussi une certaine douceur du regard portée sur les gestes du quotidien et les paysages habités.
D’un horizon à l’autre, les peintures et consoles de Ben Arpea déploient des paysages et des natures mortes baignés d’une lumière immobile. Les formes épurées d’Aldo Chaparro et les horizons silencieux de Javier Toro Blum prolongent cette méditation sur l’espace, le vide et la clarté. Les céramiques de Yoann Estevenin y font surgir un bestiaire discret de hérissons, grenouilles, escargots et papillons, comme autant de présences échappées d’un jardin méditerranéen ou d’un souvenir de lecture.
Plus loin, la mer affleure dans les bateaux de Rob Tucker, dans les nœuds et les bleus profonds de Hyacinthe Ouattara, comme dans les voiles déployées de Lorenzo Vitturi, où Issus et corps se confondent dans le vent.
Au bord de l’eau, les photographies de Christa David explorent la rencontre sensible entre les corps féminins et l’océan. Les œuvres de Joana Choumali portent un regard attentif aux territoires côtiers africains et à leurs rythmes discrets. Chez Thandiwe Muriu, les silhouettes se confondent avec des étoffes inspirées des tissus tie and dye de Mombasa, dans un jeu de motifs et de couleurs qui prolonge ceux de la mer et du ciel.
La Méditerranée est aussi un espace de circulation, de rencontres et de récits partagés. Hassan Hajjaj célèbre avec vitalité la richesse de la culture marocaine, entre traditions populaires et imaginaires contemporains. Les peintures de Roxane Banga évoquent la douceur lumineuse de la Guadeloupe, les terrasses ouvertes sur l’horizon et les instants suspendus des journées d’été. Les sculptures de Shourouk Rhaiem convoquent quant à elles la mémoire des traversées vers la Tunisie, où les objets du quotidien deviennent les fragments d’un récit intime.
Sans chercher à proposer une vision unique de la Méditerranée, l'exposition compose ainsi une cartographie sensible faite de lumière, de manières, de souvenirs et de déplacements. La mer y apparaît moins comme une frontière que comme un espace poétique commun — un territoire imaginaire où se croisent les regards, les récits et les horizons.
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Joana Choumali, The Sunny Side of Life, 2026 -
Roxane Mbanga, Papillon sur Terre-de-Bas (Butterfly on Terre-de-Bas), 2025 -
Hyacinthe Ouattara, Les lignes de vies (Life Lines), 2023 -
Lorenzo Vitturi, Untitled , 2025 -
Shourouk Rhaiem, Monaco, 2025 -
Christa David, let go and let it be 02, 2024 -
Thandiwe Muriu, Camo 19, 2021 -
Rob Tucker, Dreaming of a thirsty hillside, 2026 -
Ben Arpéa, Vase soleil , 2026


